Ce site existe pour des tests uniquement.
Le web a beaucoup changé ces dernières années. D’une part avec la pandémie de coronavirus Covid-19, d’autre part avec l’arrivée des intelligences artificielles (IA) et les grands modèles de langage (LLM) comme ChatGPT.
Dans son article Pourquoi votre site web va disparaître (mais pas le mien ^^), le blogueur technique français Korben a achevé de me convaincre de ce qu’il fallait viser pour theologique.ch. Et, surtout, de ce qu’il fallait éviter à tout prix.
Ce que nous dit Korben, c’est que ce qui fonctionne (très) bien aujourd’hui risque bien de ne plus fonctionner (du tout) demain.
Tous les sites qui vivent de l’information brute vont morfler. Les comparateurs de prix, les guides d’achat, les tutoriels techniques basiques, les FAQ, les sites de recettes…
Tout ce qui peut être synthétisé, structuré et présenté de manière plus efficace par une IA va perdre sa raison d’être.
J’ai longtemps hésité à publier des contenus d’introduction à la théologie protestante, des foires aux questions (FAQ), des ressources documentaires. Ces pages étaient très bien référencées et apparaissaient très bien dans les résultats des moteurs de recherche (SERP).
J’estimais que c’est un manque cruel dans le monde du web protestant réformé romand ou francophone. Je le pense toujours. Du contenu théologique est produit en masse dans les Églises, par des personnes dont c’est le métier et la vocation. Malheureusement, beaucoup ne mettent rien en ligne et ces trésors de réflexion et d’intelligence restent cantonnés à des petits groupes paroissiaux.
Aujourd’hui, cette période des visites «faciles» sur des corpus de contenu est révolue. Le protestantisme réformé n’en a pas profité. Le train est passé, c’est ainsi. La «vue dynamique» dont parle Korben en est la dernière illustration, brutale.
À quelques exceptions près comme Je cherche Dieu de Marc Pernot, peu auront beaucoup de visites et arriveront à s’installer dans le paysage.
D’après Korben, il existe 2 voies de survie pour les sites web. Il vaut la peine de réfléchir à ce que cela signifie.
La première, c’est de devenir fournisseur de données pour ces IA. Les bots vont continuer à crawler le web pour alimenter leurs modèles. Et ils auront besoin de données fraîches, de données originales, de données structurées. Les sites qui seront capables de produire cette matière première, et qui négocieront correctement avec les géants de l’IA pour être rémunérés, pourront peut-être s’en sortir.
theologique.ch peut-il devenir un fournisseur de contenu pour les intelligences artificielles? Peut-être. Je ne chercherai pas à le savoir. Mais ce qui est certain, c’est qu’il ne sera pas en état de négocier le prix de cette matière première. Je m’en fiche pas mal, ce n’est donc pas ma voie.
La seconde voie, c’est de cultiver l’humain. De créer du contenu que les gens veulent lire pour le plaisir de lire, pas juste pour extraire une information. Des analyses, des opinions, des prises de position, du divertissement, de l’émotion. […] Tout ce qui crée une relation directe avec les lecteurs. Parce que cette relation, l’IA ne peut pas la reproduire. Elle peut synthétiser mes articles, mais elle ne peut pas être moi.
Là, on touche à quelque chose que je défend depuis des années. Trouver un ton personnel sur un site indépendant. En lisant theologique.ch, vous lisez Nicolas Friedli qui parle de théologie protestante réformée. Ou, plus précisément, vous lisez le théologien protestant réformé Nicolas Friedli qui s’exprime (sur plein de choses, explicitement théologiques ou non).
Depuis des années maintenant, c’est sur des blogs et sites personnels que je trouve mon intérêt. Je connais celles et ceux qui les alimentent. Parfois personnellement, parfois par leurs écrits uniquement. Mais, avec le temps, je peux dire que les connais vraiment.
Les informations factuelles, je les trouve sur Wikipédia, dans des documentations techniques ou sur des sites d’actualité de qualité. Ce n’est pas ce que je souhaite découvrir pour alimenter mes réflexions.
Mes abonnements à des flux RSS et Atom sont constitués en grande majorités de sites indépendants, rattachés à des personnes identifiées, avec un style, un ton. Leurs publications ne cachent pas les doutes, les hésitations ou même les contradictions.
C’est exactement pour cette raison que je décide de relancer théologique sous forme d’un simple blog. Les blogs restent la meilleure réponse au merdier chaos actuel.
Si mes billets ne nous plaisent pas, allez voir ailleurs. Il existe plein de bons sites auxquels s’abonner. Je suis prêt à vous donner ma liste complète de veille en fichier OPML sur simple demande.
S’ils vous plaisent, n’hésitez pas à me le dire par un simple message ou par webmention.